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FOURCADE Henri [FOURCADE Pierre, Henri, Raymond]
Né le 24 décembre 1889 à Pau (Basses-Pyrénées) – mort le 5 octobre 1974 - Ouvrier ébéniste - CGT – CGTU - CGTSR – Lyon (Rhône)
Article mis en ligne le 11 décembre 2010
dernière modification le 3 décembre 2016

par R.D.
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Pendant la Première Guerre Mondiale, Henri Fourcade, ouvrier ébéniste, avait fait partie de la minorité de la CGT opposée au ralliement à l’Union sacrée. En 1919 il s’était installé à Lyon où il était membre de l’Union des syndicats du Rhône. Il fut l’un des délégués de cette minorité au XIVème congrès de la CGT tenu à Lyon du 15 au 21 septembre 1919 et où, avec Pierre Monatte, les minoritaires déclarérent que les leaders confédéraux étaient indignes "d’interpréter la pensée du mouvement ouvrier français" (cf. Discours de Monatte au XIVème congrès). Il fut également délégué au XVè congrès tenu à Orléans du 27 septembre au 2 octobre 1920 où les minoritaires se révélèrent être majoritaires dans le Rhône

Dès lors, Henri Fourcade, secrétaire du syndicat des scieries mécaniques, s’affirma comme le leader des comités syndicalistes révolutionnaires (CSR) locaux et du comité de Défense sociale (CDS) où il avait l’appui de beaucoup de ses compagnons anarchistes. Membre de la commission exécutive de l’Union départementale CGT du Rhône, il fut élu, le 4 janvier 1921, à la tête de l’Union, en remplacement de Million par 56 voix contre 23 à Peneaud, majoritaire et 19 à Garnier, un syndicaliste minoritaire. À ce poste, il se posa en défenseur de l’autonomie syndicale et en animateur de la tendance syndicaliste révolutionnaire hostile aux communistes. Il fut d’ailleurs, avec notamment P. Besnard, Verdier et H. Totti, l’un des signataires du « pacte » secret de février 1921, fondant un comité clandestin destiné à assurer l’élection à la tête des CSR et de la CGT « tant au point de vue des conceptions théoriques qu’à celui de l’action pratique, de camarades purement syndicalistes révolutionnaires, autonomistes et fédéralistes ». Il fut délégué au congrès de Lille, 23-24 juillet 1921, puis à la conférence des CSR tenue à Paris le 31 octobre.

Peu après, en butte aux intrigues de Bécirard, ancien anarchiste rallié aux majoritaires, il fut écarté du secrétariat de l’Union. Il poussa à la scission et fut élu à la commission exécutive des syndicats unitaire du Rhône dès sa création. Au printemps 1922, après avoir été critiqué par les communistes, il démissionnait de son poste de secrétaire adjoint de l’union départementale. Lors du congrès régional de la CGTU, tenu à Villeurbanne le 18 juin 1922, dans lequel communistes et anarchistes s’affrontèrent, il prona l’autonomie ouvrière et parvint à faire voter une motion en faveur de l’indépendance syndicale et contre l’ingérence de la troisième Internationale et du Parti communiste dans les syndicats. Il y fut désigné comme délégué au premier congrès de de la CGTU à Saint-Etienne et favorisa l’élection de Dannacher - du syndicat de l’habillement et ami de Fourcade - à la tête de l’Union des syndicats unitaires. Lors de ce congrès tenu du 25 juin au 1er juillet 1922 et sur la question de l’orientation syndicale et de l’adhésion à l’ISR, les communistes l’emporteront par 779 voix (motion Monmousseau) contre 391 à la motion présentée par Pierre Besnard (syndicalistes et anarchistes). Toutefois cette dernière tendance était majoritaire dans le Rhône où elle avait été représentée au congrès notamment par Fourcade, Argence et Raitzon.

Fourcade redevint à cette époque simple militant et reprut un emploi dasn une scierie tout en continuant de mener campagne en faveur "du syndicalisme révolutionnaire que représente la CGTU et contre l’adhésion à l’ISR" (Arc. Dep. du Rhône 4M260).

Lors du 2ème congrès régional unitaire le 5 août 1923 à Villeurbanne, où s’affrontèrent une nouvelle fois minoritaires et majoritaires, ce fut une motion présentée par Fourcade et défendant l’autonomie qui l’emporta par 65 voix contre 24 à la motion présentée par les communistes. Après la ratification, lors du 2ème congrès tenu en novembre à Bourges par la CGTU, de l’adhésion définitive à l’ISR marquant la victoire des communistes, les relations entre majoritaires et minoritaires du Rhône devinrent irréductibles

De 1923 à 1925, Fourcade provoqua la plupart des débats doctrinaux qui agitèrent la CGTU dans le Rhône. Lors du 3ème congrès départemental en juin 1924, et après une intervention de la direction confédérale nationale désireuse de remettre de l’ordre, la tendance syndicaliste et anarchiste du Rhône fut accusée d’être favorable "à l’autonomie et à une nouvelle scission ouvrière". La rupture était consommée et dès le 14 décembre était constituée une Union des syndicats unitaires CGTU-ISR. La majorité départementale passait alors à l’autonomie. Fourcade fut l’un des fondateurs et le secrétaire en 1926 de l’Union des syndicats autonomes qui, à Lyon, s’installa, dans le siège que la CGTU, après la scission de 1922, avait conservé 86 rue Lafayette. Par la suite, il milita surtout à la Bourse du Travail de Lyon où il siégeait, comme administrateur représentant de l’Union des syndicats autonomes.

Fourcade participa les 13-14 novembre 1926 au congrès extraordinaire de la Fédération du bâtiment de Lyon où fut décidée par 83 voix pour, 3 contre et 2 abstentions la création de la CGT-SR dont le 1er congrès, qu’il présida, se tint à Villeurbanne les 15-16 novembre 1926 mais où il refusa le poste de secrétaire qui lui fut offert "ne se sentant pas la force de mener cette dure tâche à bien" ; il y fut remplacé par Lucien Huart. Il demeura adhérent de cette Centrale de 1926 à 1928, fut membre de sa commission administrative (1926-1928) et fut le gérant de son organe Le Combat syndicaliste (Lyon, n°1 décembre 1926) et y fut remplacé en 1929 par E. Juhel.

Le 28 avril 1927, il posa sa candidature au poste de secrétaire de la Bourse. Au premier tour, il arriva en tête avec 34 voix, devant le candidat de la CGTU Voillot et le confédéré Wadoff. Après que Voillot se fut retiré « pour battre un adversaire de l’Union et des unitaires », le confédéré réunit 46 voix contre 36 à Fourcade et il fut élu. Fourcade dénonça alors cette manoeuvre qui, selon lui, visait « un vrai syndicaliste : confédérés et unitaires se laissent subjuguer par les partis politiques pour jeter par-dessus bord les vrais syndicalistes ».

À l’approche des années 30, H. Fourcade vit son influence personnelle décliner. Toutefois le 13 décembre 1936, il participa à l’assemblée régionale de l’Union anarchiste où fut constituée la Fédération du sud-est de cette organisation et en 1937 il était le secrétaire du Comité pour l’Espagne libre de Lyon. Il semble qu’il ait également collaboré au journal La Révolte (Bordeaux, 21 numéros du 10 février 1935 au 5 juin 1936) publié par Aristide Lapeyre.

Henri Fourcade est décédé le 5 octobre 1974 à Saint Sorlin en Bugey (Ain).

P.S. :

Arch. Nat. F7/13014, rapport du 28 février 1922. — Arch. PPo. 296. — Arch. de l’UD-CGT du Rhône. — Arch. de la Bourse du Travail de Lyon. — Le Semeur, organe de la Bourse du Travail de Lyon, mai 1927. — Arch. Monatte : Syndicalisme révolutionnaire et communisme, Maspero, éd., p. 278. — Le Libertaire, 1921. — La Voix du Travail, 1926. — S. Jospin, La CGT-SR, Mémoire de Maîtrise, Paris I, 1974. — État civil de Pau, 4 juin 1984. = Notice de M. Moissonnier in « Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier… », op. cit. // Notes D. Dupuy // C. Auzias "Mémoires libertaires...", op. cit.// Arch. Nat. 20010216/170//


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