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Dictionnaire international des militants anarchistes
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STAS, Jean-Ferdinand
Né en 1921 – mort en 2006 - Chauffeur ; Correcteur – FA – CGT – Paris
Article mis en ligne le 11 août 2019
Dernière modification le 14 août 2019

par R.D.

A 13 ans, après l’obtention du certificat d’études primaires, Jean-Ferdinand Stas entra en apprentissage dans une imprimerie, tout en suivant des cours du soir de typographie à l’école Estienne. Poussé par la crise, son père avait pris la gérance d’un café-hôtel boulevard de Charonne, à Paris. C’est là qu’en 1934, que Jean-Ferdinand Stas avait eu ses premiers contacts avec l’anarchisme après qu’un chômeur lui ait raconté la « bande à Bonnot ». De cette date à la guerre il rencontra également Paul, un ferrailleur individualiste, Mickey employé à la Compagnie parisienne de distribution de l’électricité, le chauffeur René Schür qui l’emmena à un meeting, tous trois clients de l’hôtel-café et Giovanna Berneri qui tenait alors la petite épicerie franco-italienne à l’angle des rues de Terre Neuve et Planchat.

A 17 ans, ne pouvant être embauché, il quitta le métier et fut tour à tour coursier à vélo, porteur de journaux puis chauffeur de camion à partir de 1940. En 1942, il assura l’approvisionnement et les livraisons pour une boîte de mécanique générale à Courbevoie.

Ce n’est qu’après la guerre quer Stas commença à fréquenter le local du quai de Valmy de la Fédération anarchiste dont il fut d’abord un sympathisant. Dans les années 1950 il travaillait comme chauffeur dans une usine de Courbevoie et, adhéra à la FA reconstituée lors du congrès des 25-27 décembre 1953 où il fit l’un des délégués du groupe Louise Michel. Il assurait régulièrement les ventes à la criée du Monde Libertaire à Cligancourt et aux puces de Saint Ouen

Devenu un proche de Maurice Joyeux, il n’hésitait pas – jouant de sa stature – à faire le coup de poing en sa compagnie contre les perturbateurs lors de réunions et de meetings (entre autres, pendant la guerre d’Algérie, avec les nervis d’extrême droite venus perturber une conférence des Forces libres de la paix à la salle des Sociétés savantes).

De 1954 jusqu’au passage à l’hebdomadaire en 1977, il a assumé de façon presque continue l’expédition du Monde libertaire aux groupes de province et participé au routage du journal. Au comité de lecture, il remplit pendant plusieurs années les fonctions de secrétaire et de correcteur. Il s’investit également avec Suzy Chevet dans l’organisation des galas qui assuraient le financement des différentes œuvres, estimant « que la musique est le parfait véhicule de la poésie et que la chanson est l’instrument idéal de la propagande ».
Sur le plan de la doctrine, « Jean consentait à s’avouer plus volontiers communiste libertaire qu’individualiste, mais l’anarcho-syndicalisme – les anarcho-syndicalistes, plutôt – avait aussi ses faveurs. En fait, un anarchisme sans adjectif lui allait assez bien » (Freddy Gomez).

Face aux événements de Mai 68, il demeura assez sceptique, jugeant l’agitation des étudiants stérile, constatant aussi le « noyautage » des trotskistes et le contrôle du Parti communiste pour éviter la contagion.

Devenu correcteur en 1969, membre du syndicat et secrétaire du labeur, il exerça ses talents dans une petite entreprise spécialisée dans la fabrication de timbres en caoutchouc ; ce qui lui permit d’approvisionner bon nombre de groupes. Il était d’ailleurs « connu dans l’exil espagnol sous le double sobriquet de “El Estas” – banale hispanisation de son patronyme – ou de “El Sellos” (littéralement “l’homme aux tampons”) ». Le principal restant pour lui de s’accrocher « à [sa] résolution première de n’être exploité que le moins possible  ».

J. F. Stas est décédé en 2006. « Le bonhomme n’avait rien d’impulsif. C’était un anarchiste raisonné et pratique. (…) Il arrivait à l’heure aux rendez-vous, ne rechignait jamais aux tâches ingrates et évitait soigneusement de prôner l’impossible. En bref, c’était un homme du rang, un militant du quotidien, un colleur d’affiches, un bâtisseur. » C’est ainsi que Freddy Gomez le décrit fort justement.


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