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Dictionnaire international des militants anarchistes
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SPILLEUX, Égide « SERRAUX », « GENLIS »
Né en Belgique - Indicateur - Paris
Article mis en ligne le 30 janvier 2010
Dernière modification le 26 avril 2011

par R.D.

De nationalité belge, fils d’un mineur de Bruxelles, Égide Spilleux fut l’indicateur de M. Andrieux, préfet de police, dans les milieux libertaires sous le nom de Serraux. Il vint à Paris en 1880 et fut recommandé aux révolutionnaires parisiens par le compagnon A. Crié, alors professeur de français à Bruxelles. Spilleux offrit aux anarchistes de fonder La Révolution sociale (Saint Cloud) qui devait être le premier journal anarchiste. Étranger, il ne pouvait en être le fondateur et ce fut Victor Ricois qui en devint propriétaire gérant, Serraux en étant le directeur. Victor Ricois raconta par la suite ce qui se passa alors (cf. L’Insurgé, 12-19 avril 1885) :

« Quand Spilleux vint nous offrir la rédaction et l’administration de la Révolution sociale, nous demandâmes qui fournissait les fonds.
« Les fonds, nous répondit Spilleux, me sont fournis par une Anglaise de mes amies, qui ne croit pas à la réussite d’un organe anarchiste en France, mais qui consent à verser les 3 000 f de cautionnement, plus 1 500 f par mois et ce pendant six mois. On prit les renseignements. Des compagnons habitant Londres allèrent chez le bailleur de fonds. Le compagnon Émile Gautier y alla aussi : Spilleux disait vrai...
 » Mais, en réalité, La Révolution sociale, dont le premier numéro parut le 12 septembre 1880, était né grâce aux libéralités du préfet de police Andrieux. Celui-ci s’en expliqua ainsi (cf. Souvenirs d’un Préfet de police, t. I, p. 339) : « Donner un journal aux anarchistes, c’était (...) placer un téléphone entre la salle de conspirations et le cabinet du préfet de police. »

Andrieux laissa monter — s’il ne l’organisa lui-même — grâce à son agent Spilleux, dit Serraux, un attentat contre la statue de Thiers récemment inaugurée à Saint-Germain.

Très vite, certains compagnons s’émurent de la façon désinvolte avec laquelle La Révolution sociale publiait les noms et adresses des groupes et de leurs militants les plus en vue. Émile Gautier écrivait à un ami, le 22 février 1881 : « L’idée qui consiste à faire imprimer les noms des correspondants au congrès de Londres dans nos journaux anarchistes est purement et simplement une merveille d’absurdité... » (lettre citée dans le Lyon républicain, 13 janvier 1883). Spilleux, qui avait été obligé de se retirer du journal en février 1881, fut dénoncé comme « mouchard » dans Le Révolté n°11, de juillet 1882

La Révolution sociale eut 56 numéros et parut jusqu’au 18 septembre 1881. Dans le numéro du 11 septembre, Serraux avait publié une mélodramatique lettre d’adieux.

« L’agent secret de M. Andrieux, alors préfet de police », dit un rapport sans date classé année 1886 (Arch. Nat. F7/12 504) avait assisté au Congrès international anarchiste qui se tint à Londres du 14 au 20 juillet 1881, aux côtés d’une vingtaine de délégués dont Louise Michel, mais non, comme l’indique de manière erronée ce rapport de Pouget et de P. Martin qui ne furent pas délégués à ce congrès.


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