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Dictionnaire international des militants anarchistes
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PRUDHOMME, Louis, Albert « VALENTIN » ; "ALBERT D’IRIS"
Né le 2 août 1868 à Reims - mort le 19 mai 1904 - Employé de banque – Reims (Marne) - Nancy (Meurthe et Moselle) - Paris
Article mis en ligne le 12 juin 2013
Dernière modification le 14 octobre 2019

par ps

Louis Prudhomme dit Valentin, qui était sans doute le frère de Léon et avait été réformé en 1888 pour "faiblesse", était au début des années 1890 l’un des militants du groupe anarchiste de Reims. La police le suspectait d’être l’auteur de diverses affiches circulant dans la région et notamment en novembre 1891 de l’appel Ouvriers des campagnes, travailleurs publié à l’occasion de la grève des verriers et d’un autre titré Aux conscrits pour lesquelles il fut poursuivi mais bénéficia d’un non lieu. Il figurait sur la liste des anarchistes de Reims établie en mars 1892 par le Préfet qui le qualifiait de "partisan de la propagande par le fait".

En juillet 1892 il était parti se fixer à Nancy chez le compagnon cordonnier Paul Serrure, avant d’aller s’installer à Paris où en 1894, correspondant de La Révolte de Jean Grave, il se faisait adresser son courrier au siège de La Révolte.
A Paris il demeura notamment 2 rue de Flandre (1893) et 10 rue du Chalet (1898).

En décembre 1892, trois ouvriers de la soudière de Varangeville (près de Nancy) dont Paul Reclus était l’un des ingénieurs, avaient été perquisitionnés puis licenciés : Juseph Meunier, Calixte David et Louis Albert Prudhomme. Selon la police il s’agissait en fait de Désiré Pauwels, Elisée Bastard et Philomène Segard auquel dans ce cas, Prudhomme aurait donné ses papiers.

En juillet 1898, sous le nom, selon la police, d"Albert Legris", il avait participé à une réunion anarchiste regroupant environ 80 participants au café Saint Maurice à Reims où il avait pris la défense de Dreyfus "le déclarant innocent" et avait appelé les compagnons à "faire un acte de propagande" en sa faveur. Il fut alors violemment interpelé par Delpierre et Lepretre, ce dernier ayant dit qu’il vaudrait mieux s’occuper des prisonniers anarchistes au bagne comme Monod et de laisser "les pourritures et les vaches d’officiers dans leur fumier au milieu des casernes en attendant le moment propice". A la même réunion le compagnon Prudhomme avait fait l’apologie d’Etievant, Ravachol, Emile Henry, Vaillant et Caserio.

Fin 1898 on lui aurait proposé d’intégrer la rédaction du Libertaire, mais il airait refusé, étant en froid avec Sébastien Faure qui, selon un indicateur, avait séduit sa compagne. A cette même époque il animait parfois, avec notamment Paul Paillette et Buffalo, les soirées familiales de divers groupes où il était annoncé comme "le poète montmartrois Albert d’Iris".
Il participait également aux réunions du groupe L’Harmonie au 69 rue Blanche. Le 18 décembre 1898, il fit une conférence au groupe l’International sur l’influence de la littérature révolutionnaire (chants, récits, poésies). Il était également lié au groupe éditant le journal Le Cri de révolte pour lequel il aurait été l’un des organisateurs d’une soirée familiale tenue le 28 janvier 1899 à la Maison du peuple, rue Ramey et fit une causerie le 1er février au 281 rue Saint Denis.

En 1899 il était, semble-t-il à Paris, où il habitait avec le chansonnier Georges Bernard, 105 rue des Amandiers et où il participait aux activités du groupe les Iconoclastes qui se réunissait au Café des artistes, rue Lepic, était dirigé par Janvion et réunissait un certain nombre d’opposants à Sébastien Faure et de déçus du dreyfusime. Dès février 1899 il avait préconisé que les compagnons cessent de s’occuper de Dreyfus pour revenir à la lutte contre le gouvernement et la bourgeoisie.

Relevant de maladie il rentrait à Reims au printemps 1899. Il résidait chez ses parents 27 rue de Cernay à Reims où dès avril il fut membre du nouveau groupe L’En-Dehors dont faisaient également partie Geoffroy, Lapinte, Marquette, Desfossez, Léveillé, Bourguer et Lecompte. C’est lui qui avait donné lecture des statuts lors de la première réunion du groupe. Selon un indicateur, il avait été ,à son retour à Reims, critiqué par de nombreux compagnons pour "être resté en relation avec Le Cri de révolte et les ennemis de Sébastien Faure".
En avril 1899 il fit au groupe L’En Dehors plusieurs causeries sur l’économie politique et sociale (16 avril) ou sur l’amour libre et la prostitution (22 avril) et le 1er mai il prit la parole lors d’une réunion organisée par le groupe au café Saint Maurice de Reims.

Il serait revenu à Paris en septembre 1899. Fin 1899 il fut avec Bariol l’organisateur d’un "Noël des gueux". IL demeurait alors 92 boulevard de la Chapelle et était membre du groupe Les Iconoclastes animé par Janvion et groupe pour lequel le 31 janvier 1900, il fit une causerie sur le thème ’ Le groupement révolutionnaire est-il utile ?".
Le 22 février 1900, il fit une conférence à la bibliothèque d’enseignement libertaire de Belleville contre l’individualisme (Stirner). Il demeurait alors 105 rue des Amandiers.

En juin 1900, il avait tenté d’organiser un conservatoire de chansons et de révolte, boulevard de Belleville auquel avaient adhéré Maurice Lucas, Ladignac, Lacour, Eugène Tournain, Emile Biais, Georges Bernard, Hippolyte Monot , Chaloz et Georges Bargas entre autres .

Le 18 juillet 1901, son état de santé le conduisait à retourner de nouveau à Reims.

Il aurait été candidat lors des élections législatives de 1902. A cette époque il collaborait à divers journaux sous le pseudonyme Albert d’Iris. Bien que considéré comme "peu dangereux actuellement", le préfet considérant que "son état cérébral" donnait lieu à son maintien sur la liste des anarchistes. Le 27 septembre 1903, il avait participé à la fondation du groupe Les Iconoclastes lors d’une réunion tenue au café Corominés à laquelle avaient participé 24 compagnons dont Grimbert, Dhooghe, Bourguer, Maillard, Lossing et Beauvilain.

Le 26 décembre 1903, le tribunal correctionnel de Reims le condamnait à 3 jours de prison et 25 francs d’amende, pour "injures par cartes postales".

Tombé malade, Albert d’Iris, auteur de plusieurs complaintes et poésies, décédait le 19 mai 1904 à l’hôpital de Reims.

Œuvre : - Œuvres brutales et douces (1898, dédiées à G. Etievant).


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