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DIMA-20186

SÁNCHEZ GUEVARA, Canek

Né le 22 mai 1974 à La Havane (Cuba) — Mort le 21 janvier 2015 à Mexico City (Mexique) — Anarchiste pacifiste, musicien et artiste, petit-fils du “Che”, dissident exilé — Cuba, Mexique

 
Canek Sánchez Guevara
Canek Sánchez Guevara dans une photographie provenant de Libcom (notice par Nick Heath)

SÁNCHEZ GUEVARA, Canek naquit le 22 mai 1974 à La Havane (Cuba). Il était fils de Hildita Guevara Gaesa, elle même fille de Ernesto Guevara, dit le « Che », et de sa première épouse, Hilda Galea. Son prénom était une référence au titre porté par certains rois Mayas, Kan Ekʼ (serpent noir).

Sánchez Guevara grandit dans la haute société cubaine ; il habitait dans le quartier riche de Mitamar. Lors de sa jeunesse, il eut le droit de voyager à l’étranger, et se rendit en Italie, au Mexique et en Espagne. D’abord admiratif de l’héritage de son grand-père, auquel la société et l’État cubains l’assignaient, il s’en sépara progressivement pendant son adolescence, devenant de plus en plus désabusé avec le régime cubain, qu’il comparait à une « monarchie ».

Lors de son adolescence, Sánchez Guevara rejoignit la sous-culture punk de l’île, et l’un des rassemblements auxquels il participa se termina par une descente de police ; il commença à être surveillé par les autorités cubaines pour son implication dans ces cercles.

À 21 ans, en 1995-1996, sa mère il échangea avec sa mère avant son décès, celle-ci lui signifiant qu’elle était aussi désabusée par l’évolution de la Révolution cubaine, mais soulignant qu’elle espérait encore qu’un régime communiste acceptable pourrait être mis en place - il s’attachait quant à lui encore à l’idée que son grand-père n’aurait pas approuvé la situation présente s’il était encore en vie.

L’année suivante (1996), il quitta l’île et choisit le chemin de l’exil, s’installant à Oaxaca, au Mexique, où il travailla comme musicien et artiste jusqu’à sa mort.

À partir des années 2000, il intervint dans plusieurs titres de presse internationale, dont Le Monde libertaire (2005) ou El Proceso (2004). Dans ses interventions, Sánchez Guevara s’opposait largement au régime communiste, le critiquant pour son instauration d’une nouvelle forme de bourgeoisie qui avait confisqué le pouvoir. Dans Le Monde libertaire, où il se déclarait anarchiste, il soutint que le but premier des anarchistes à Cuba était de pénétrer la société civile, de saper les fondations de l’État cubain, et de participer de manière non sectaire aux discussions devant mener à un meilleur état des choses ; y compris si cela signifiait réinventer l’État. Il s’opposait ouvertement à l’usage de la violence - qui aurait été associé à l’anarchisme et lui donnerait une vision très négative au sein de la société cubaine. Selon lui, cela devait passer par une alliance avec les forces de gauche non-institutionnelles déjà présentes à Cuba. Il déclara, entre autres :

À Cuba, il y a des anarchistes, mais il n’y a pas d’anarchisme. Les anarchistes ne peuvent éditer un journal, ni avoir une station de radio. Ils ne peuvent même pas dire à voix haute qu’ils sont anarchistes. La première priorité sera de relever le plus tôt possible les conditions de vie des Cubains. Il faut reconstruire les institutions qui doivent malgré tout continuer à exister et qui sont aujourd’hui en ruine : le système éducatif, la santé, les propres organes du « Pouvoir populaire », cette organisation assembléiste qui sur le papier est une organisation horizontale, mais qui dans la pratique est d’une verticalité totale. Il me semble que l’un des points fondamentaux est l’appropriation citoyenne de l’anarchisme. Il ne peut être une chose sectaire et de type avant-gardiste.

À cette période, il avait largement rompu avec l’héritage de son grand-père, déclarant qu’il n’interagissait plus avec lui de manière individuelle mais qu’au contraire il s’agissait d’une relation de type historique, certaines de ses idées seraient « géniales », tandis qu’une série d’autres seraient inacceptables et très franchement nocives.

Sánchez Guevara mourut à Mexico City (Mexique), le 21 janvier 2015, des suites de complications cardiaques. Il avait alors 40 ans. Plusieurs textes de sa part furent publiés à titre posthume, dont son autobiographie Diario sin motocicleta (qui reprenait le titre de l’autobiographie de son grand-père) et un roman, 33 Revoluciones.

OEUVRES :

  • Diario sin motocicleta. (2016). Logroño : Pepitas de Calabaza. ISBN 9788415862628.
  • 33 Revolutions. (2017). Traduit en anglais par Curtis, Howard. New York City : Europa Éditions. ISBN 9781609453480.
  • Los supervivientes. (2019) Barcelona : Penguin Random House. ISBN 9788417906078.
  • Confesiones de un artista ensangrentado. (2020). Barcelona : Penguin Random House. ISBN 9788417906207

Sources :