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DIMA-1099

DAVE, Victor

Né le 25 février 1845 à Aalst (Alost, Belgique) ; mort le 31 octobre 1922 — Correcteur ; Ecrivain — AIT- CGT — Bruxelles (Brabant) — Verviers (Liège) — Paris — Londres

 

Fils d’un employé aux accises, Victor Dave fit des études secondaires ; il fréquenta ensuite la Faculté des Lettres de Liège, puis l’Université libre de Bruxelles. Dès sa jeunesse, il manifesta des sentiments socialistes de tendance libertaire et se montra un libre penseur agissant.

En 1865, il participa au congrès international des étudiants socialistes qui se tint à Liège et, deux ans plus tard, adhéra à la fédération bruxelloise de l’Association internationale des travailleurs (AIT, Première Internationale). Il devint membre en 1869 du conseil général de la fédération. Cette même année, il fut délégué au congrès international de la Libre Pensée qui se tint à Naples, où il rencontra notamment Louis Andrieux, futur préfet de police de Paris.

Du 2 au 7 septembre 1872, il représenta la section internationale de La Haye au 5e congrès de l’AIT qui se tint dans cette ville, congrès historique qui annonça la scission, sur le plan international, des « autoritaires » et des « antiautoritaires », de ceux qu’on appellera plus tard, « marxistes » et « anarchistes ». Il vota en faveur du transfert à New York du siège du conseil général de l’AIT et lut, au nom de la minorité, une déclaration en faveur « des principes de l’autonomie fédérative ». Il y vota contre l’expulsion de Bakounine, Guillaume et Schwitzguébel. Il collabora à plusieurs journaux de l’AIT en français et en néerlandais, et fonda la Science populaire (1872-1873) à laquelle collaboraient Bakounine et Malon.

Sa participation à l’insurrection cantonaliste espagnole de juin-juillet 1873, souvent évoquée, n’est pas attestée. Il était en Belgique en avril (congrès de Verviers) et en juin selon la police, puis il représenta, en septembre, la section des mécaniciens de Verviers au 6e congrès de l’Internationale (antiautoritaire) à Genève. « Je tiens à déclarer, dit-il, que j’ai reçu des mécaniciens de Verviers le mandat de défendre l’anarchie, et que les ouvriers mécaniciens qui m’ont délégué à ce congrès sont tous anarchistes. »

En 1878, il se fixa à Paris après avoir épousé une jeune fille de Loches (Indre-et-Loire). Il y rencontra Johann Most ; de Londres — où ils trouvèrent tous deux refuge en mars 1880 après leur expulsion de France —, il devint le principal organisateur de la distribution clandestine de la Freiheit en Allemagne ; mais, s’étant rendu en Allemagne en fin d’année, il y fut arrêté et, comparaissant devant la Haute Cour de Leipzig, il fut condamné pour trahison à cinq ans de forteresse. Lors de son procès en octobre 1881, Dave affirma qu’il était venu en Allemagne à titre privé, pour y faire du journalisme. Il ne ménagea pas ses critiques à Johann Most, dont il tenait les idées pour blanquistes et jacobines.

Libéré en avril 1884, il retourna alors à Londres où il fut au cœur des conflits entre les exilés allemands.

L’arrêté d’expulsion ayant été suspendu, il put revenir en France avec sa femme. Collaborateur de L’Humanité nouvelle (Paris, 1897-1903 puis Gand, 1906) revue internationale des sciences et des arts fondée par Augustin Hamon et qui faisait suite à La Société nouvelle, il en devint le secrétaire de rédaction. En 1903-1904, il publia, avec Costes, la Revue générale de bibliographie française. Emma Goldman le rencontra à Paris en 1900 :

« … De tous ceux que je rencontrai, l’homme qui m’impressionna le plus fut Victor Dave. C’était un vieux camarade qui avait roulé sa bosse dans les mouvements anarchistes européens pendant quarante ans… J’ai passé beaucoup de temps avec lui et sa compagne Marie, invalide depuis de longues années mais toujours intéressée par les questions sociales. Victor était un grand linguiste et a été précieux pour m’aider à organiser le matériel que j’avais amené pour le congrès et à le traduire en différentes langues… C’était le plus gai et le plus libre des hommes, un compagnon selon mon cœur. »

V. Dave a également collaboré aux différents Almanach de la Révolution (Paris) publiés par Paul Delesalle entre 1903 et 1913, à la revue L’Éducation libertaire (Paris, 10 numéros de juin 1900 à mars 1902) sous-titrée Revue des bibliothèques d’éducation libertaire qui faisait suite à une tentative de constitution d’une école libertaire d’enseignement supérieur pour adultes.

Il entra comme correcteur à la Chambre des députés, puis à la maison Letouzay et Ané et fut admis en 1911 au syndicat des correcteurs et teneurs de copie.

En 1914, V. Dave suivit les anarchistes kropotkiniens et, en février 1916, il fut un des signataires du manifeste des Seize en faveur de la cause des Alliés.

Victor Dave est mort le 31 octobre 1922 à Paris et a été incinéré au Père-Lachaise.

ŒUVRE :

  • Nombreuses traductions et études : Michel Bakounine et Karl Marx, 24 p., (reproduction d’un article paru dans l’Humanité nouvelle, mars 1900, rééd. En 1972 par les Éditions du Monde libertaire avec une introduction de Jean Barrué).
  • Portraits d’hier : « Fernand Pelloutier », nº 14 du 1er octobre 1909 (Bibl. Nat. 8° G 8872), « Louis Büchner », nº du 15 aout 1910 (même cote).
  • Pacifisme et antimilitarisme, Ed. de la Petite bibliothèque des hommes du jour, 32 p. (Bibl. Nat. 8° R Pièce 14 321).

Collaboration au Peuple de Bruxelles et à De Vrijheid de La Haye.


Sources :

  • Le Congrès de La Haye de la Première Internationale. Procès-verbaux, Moscou, 1872.
  • Bulletin de syndicat des correcteurs, mai 1911.
  • Dictionnaire de biographie française, notice de A. Perrier.
     Maitron, corrections et compléments et notice dudictionnaire Belgique, https://maitron.fr/dave-victor-josephus-ludovicus-belgique/
     Alfred Costes, « Victor Dave », Bulletin of the IISH, 1952
     La Première Internationale, ed. J. Freymond
     Emma Goldman, Living my Life, chap. 21.
     Un important fonds de correspondance se trouve dans les Archives Nettlau à l’IISG d’Amsterdam.
  • Notes de Daniel “Rolf” Dupuy.
  • René Bianco. Répertoire des périodiques anarchistes de langue française : un siècle de presse anarchiste d’expression française, 1880-1983, Aix-Marseille, 1987.

Au moins 12 revues francophones parues sous ce nom (voir sur le site Bianco).
Au moins 9 ouvrages recensés dans le Catalogue général des éditions et collections anarchistes francophones.
Almeno 3 periodici in lingua italiana pubblicati su questo nome (vedere sul sito Bettini).