Dictionnaire international des militants anarchistes
Slogan du site

Y’en a pas un sur cent… et pourtant des milliers d’hommes et de femmes de par le monde, souvent persécutés, embastillés, goulagisés et parfois au prix de leurs vies, ont poursuivi leur chevauchée anonyme à la recherche d’un impossible rêve : un monde sans dieux ni maîtres.

ARTES, Vicente

Né en 1902 à Culleras (Valence) — mort le 30 juin 1988 — Instituteur ; correcteur ; mécanicien — Valence (Levant) — Barcelone (Catalogne) — Lourdes (Hautes-Pyrénées)
Article mis en ligne le 19 septembre 2014
dernière modification le 12 juillet 2024

par ps

Militant libertaire depuis son adolescence, Vicente Artes travaillait comme instituteur à l’école rationaliste de Culleras (valence). Après la fermeture de l’école en 1923 par les autorités, il était parti à Barcelone où il allait travailler comme correcteur dans une maison d’édition puis comme gardien de phare. Responsable en 1936 du phare de Creus, il donna l’alerte et empêcha plusieurs tentatives de débarquement de forces franquistes.

Passé en France lors de la Retirada, il fut interné dans divers camps puis enrôlé dans la 113e compagnie de travailleurs étrangers pour aller renforcer les fortifications de la ligne Maginot. En juin 1940 avec les restes de la 113e CTE, il fut transféré à Mont-de-Marsan puis le 25 juin au camp de Gurs où, en octobre 1940, il fut le témoin de l’arrivée d’un premier convoi de 7200 personne, la plupart israélites provenant du pays de Bade et du Palatinat. Il fut alors enrôlé dans le 722e Groupe de travailleurs étrangers chargé entre autre du creusement des tombes au camp où il évalua le nombre de morts à 1187. Le groupe espagnol avait à cette époque mis sur pied un petit atelier de fabrication de lits individuels en bois pour soulager les internés. Vers 1942 il fut affecté au camp du Vernet où il y avait également de nombreux juifs dont des espagnols séfarades.

A la Libération il s’installa à Lourdes et travailla comme mécanicien dans une usine d’aviation de Osson. Co-fondateur de la FL-CNT de Lourdes, il y exerça à plusieurs reprises des postes de responsabilité. En 1961 il fut le délégué de Lourdes au congrès de réunification de la CNT à Limoges. Il collabora à un grand nombre de titres de la presse de l’exil dont Solidaridad obrera (Paris), CNT (Toulouse), Boletin Confederal (Paris, 1961), Boletin informativo (Paris, 1961), Cenit, Le Combat syndicaliste, Espoir (Toulouse), Solidaridad (1961). Il fut également l’auteur de deux pièces de théâtre.

A la fin des années 1960 ou au début des années 1970, il alla avec deux autres anciens internés rendre un hommage au cimetière israélite de Gurs.

Vicente Artes est décédé à Lourdes le 30 juin 1988. Il était membre à la fin de sa vie du SOV-CNT de Tarbes.


Dans la même rubrique

AUGUSTO, Diamantino

le 24 juin 2024
par R.D.

AUDO

le 24 juin 2024
par R.D.

AUBRY, Marie « ANDREE » [née LATINAUD]

le 24 juin 2024
par R.D.

AUBRECHT, Vilem

le 24 juin 2024
par R.D.

ASPEL CASADEMONT, Bartolome

le 24 juin 2024
par R.D.