José Juan Domenech Manero (parfois appelé José Juan Domenech) était dans les années 1930 le président du syndicat CNT du verre barcelonais et secrétaire de la Fédération de l’Industrie du verre. Il fut notamment délégué à la Conférence régionale de mai 1931, au congrès national dit du Conservatoire (1931) et au plenum régional de mars 1933. En juillet 1933, il représenta la Catalogne au grand meeting tenu par la CNT à Madrid. En 1934, il était le secrétaire du Comité régional catalan de la CNT.
Secrétaire de la CNT catalane en 1936, il était nommé, en septembre 1936, Conseiller au ravitaillement du premier gouvernement de la Généralité, puis, en décembre 1936, Conseiller aux Services publics.
En mars 1937 son nom figurait sur une liste d’anarchistes espagnols susceptibles de venir en France, liste émise par le Ministère de l’Intérieur français où il était recommandé de lui refuser toute entrée ou séjour en France.
De l’automne 1936 à 1938, il fut le secrétaire du Comité régional catalan de la CNT.
Au plenum national de régionales d’avril 1938, il avait proposé sans grand succès, l’indépendance de la Catalogne en cas d’avancée des fascistes jusqu’à la Méditerranée. Le même mois il était l’un des rédacteurs de la motion créant le Comité éxécutif du MLE en Catalogne, comité où il représentait la CNT. Il s’opposera à Horacio Martínez Prieto quand celui ci proposera de dialoguer avec Franco. Le 18 avril 1938, en tant que secrétaire régional catalan, il signait le pacte d’unité UGT-CNT. Lors du plenum national tenu à Valence en novembre 1938, il fera des pressions pour que la CNT réintègre la Généralité de Catalogne.
Exilé en France lors de la Retirada de février 1939, il fut arrêté à Perpignan et poursuivi pour « dilapidation de biens étrangers en Espagne ». Il aurait fait partie du Conseil général du MLE formé en février 1939. Le 18 mars 1939, il figurait sur une liste de 29 anarchistes espagnols autorisés à résider à Paris ou dans le départemernt de la Seine pour une durée de un mois à trois ans.
Interné au camp du Vernet en février 1940, il avait été ensuite déporté en Afrique du nord le 11 juillet 1942, à bord du Sidi Aïssa, avec 44 autres militants espagnols dont P. Herrera, Ricardo Sanz, QAntonio Ortiz, Germinal de Sousa, Felix Gurucharri et Ramón Liarte. Ce convoi était le neuvième d’une série de 10 (mars 1941-décembre 1942) d’étrangers « indésirables » déportés en Afrique du Nord par le gouvernement de Vichy. Il fut interné au camp de Djelfa et après le débarquement allié, il s’engagea dans l’armée anglaise.
Á la Libération il avait choisit la fraction collaborationniste de la CNT et était en 1946 secrétaire de la régionale catalane. En décembre 1947, il remplaça Ramón Alvarez Palomo à la tête du Sub Comité national et serait allé clandestinement en Espagne. Jusqu’en 1950, il aurait été, selon certains, un des dirigeants du Parti Laboriste Espagnol ce qui semble peu vraisemblable, d’autant que du 17 au 19 juin 1950, en tant que secrétaire du sub-CN, il présidait le 3e plenum des FL-CNT de la tendance collaborationniste tenu à Toulouse et auquel assistèrent les délégués directes de 51 FL.
En 1951, il aurait participé au 7e congrès de l’AIT à Toulouse. En 1954 José Juan Domenech participait au plenum toulousain du sub Comité National. Après le plenum de Clermont-Ferrand (mars 1960), il fit partie de la commission de réunification, et une fois l’organisation réunifiée il avait été nommé membre du Secrétariat Intercontinental (1962) et fit à la suite plusieurs conférences dans diverses villes du midi.
En 1968, il participait à Montpellier à une réunion avec d’autres militants de la CNT — dont Borras, Sesé, Manent — en désaccord avec la tendance orthodoxe puis était exclu de la CNT au plenum de Bordeaux en aout 1969. José Juan Domenech qui était alors proche du groupe éditant Frente libertario, retournait peu après à Barcelone où il devait décèder en 1979.
Il a collaboré à de nombreux titres de la presse libertaire dont Exilio, Horizontes (1937),Horizontes Nuevos (Barcelone, 1937-38) España libre (Paris, 1946), Exilio,
ŒUVRE :
- “Discurso pronunciado ante el microfono de EA 1 DD, el 23 X 1937” (Barcelona, 1937).
- Retaguardia y frente : habla el secratario del CR de la CNT (Barcelona, 1937)
- ainsi que du prologue du livre de Ricardo Sanz El Sindicalismo y la política : los “Solidarios” y “Nosotros”.
Dictionnaire international des militant·e·s anarchistes (DIMA)