Dictionnaire international des militants anarchistes
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DEVERTUS, Edouard

Journaliste — Paris
Article mis en ligne le 25 avril 2016
dernière modification le 12 juillet 2024

par Guillaume Davranche, ps

Rédacteur au Cri du peuple, Edouard Deverus, qui était également membre de la Ligue des antipatriotes, fut, entre 1886 et 1890, un des orateurs habituels du mouvement anarchiste. ; il participa notamment en janvier 1887 — aux cotés notamment de Louise Michel, Octave Jahn, Tortelier et Duprat à une série de réunions publiques pour protester contre la condamnation à mort de Clément Duval, à un meeting au Cirque d’hiver le 24 juin 1887, au meeting de la Ligue des antipatriotes salle Favié le 18 septembre 1887, à un meeting à Saint-Quentin en septembre avec Massey et Bal qui lui valut d’être poursuivi le 14 novembre suivant pour « provocation de militaires à la désobéissance » et d’être condamné à un an de prison et 100 fr d’amende, tandis que Bal et Massey étaient condamnés à 3 mois de détention et 16 fr d’amende. Lors de la campagne en faveur des anarchistes de Chicago, il prit la parole à Paris le 16 octobre aux cotés de Louise Michel et le 5 novembre à Toulon. Puis il fut condamné à un mois de prison par la 10e chambre correctionnelle pour avoir crié “A bas les sergots !” lors d’un meeting le 24 juin, condamnation qui fut confirmée en appel en décembre 1887.

Selon Jean Grave, Devertus était l’élément anarchiste du Cri du peuple, mais n’était qu’un “vaniteux prétentieux… ne manquant jamais une occasion de se faire quelque compliment”. Et pour appuyer son jugement Grave racontait qu’avec Baillet et d’autres camarades, lors d’une ballade aux environs de Paris en 1887, ils avaient fait une farce à Devertus lui adressant un billet signé « groupe de la pie voleuse » qui fut reproduit dans les numéros suivant du Cri du peuple informant que “le groupe de la Pie voleuse envoyait ses encouragements au citoyen Deverus, le félicitait sur son courage et sa fière attitude”.

Les 1er-8 septembre 1889, Devertus prit part au congrès anarchiste international tenu à Paris où il se montra partisan de l’illégalisme. Selon La Révolte il avait déclaré que lors de la campagne abstentionniste aux élections législatives il avait affirmé que “le peuple est volé et qu’il a le droit de reprendre toujours et partout ce qui appartient à tous” ; face aux objections faites par Merlino et Georges Brunet, il avait alors cité Clément Duval en modèle et affirma que certes “le vol n’est pas le but de la révolution, puisque nous travaillons à le rendre impossible” ; pour conclure il appela les anarchistes à “se faire les amis des braconniers, des maraudeurs, à les enrôler dans le camp des révoltés”.

A l’approche du 1er mai 1890 Devertus fut de ceux qui s’opposèrent à ce que les anarchistes s’engagent dans ce qu’il considérait comme une opération dilatoire des socialistes. En avril 1891 il faisait de l’agitation parmi les employés du recensement mécontents de leur maigre salaire. Il demeurait alors 103 boulevard Diderot à Paris.


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