Dictionnaire international des militants anarchistes
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Y’en a pas un sur cent… et pourtant des milliers d’hommes et de femmes de par le monde, souvent persécutés, embastillés, goulagisés et parfois au prix de leurs vies, ont poursuivi leur chevauchée anonyme à la recherche d’un impossible rêve : un monde sans dieux ni maîtres.

ESCARTEFIGUE, Marius, Charles, Honoré “JOUVARIN

Né à Marseille le 2 novembre 1872 — Ingénieur — Marseille (Bouches-du-Rhône) — Toulon (Var)
Article mis en ligne le 2 avril 2007
dernière modification le 22 juillet 2024

par R.D., René Bianco

Marius Escartefigue, qui habitait 2 rue Crinas, à Marseille, avait été renvoyé début 1893 de l’école d’ingénieurs dont il suivait les cours “en raison de la part active qu’il a prise au mouvement anarchiste”. Sous le nom de Jouvarin il était membre depuis 1892 du groupe La Jeunesse Internationale qui publiait le journal L’Agitateur (Marseille) et dont faisaient également partie Ferdinand Calazel, Jules Chelan, Maurice Chaumel et Louis Gros. Dès cette date, et à l’occasion des élections législatives, il avait participé à Saint-Mandrier (Var) où il résidait à deux réunions électorales où il avait développer les principes anarchistes. Il allait aussi à Toulon pour y prendre la parole lors des réunions anarchistes. En 1894 il fut incorporé au 111e Régiment de ligne de Toulon où il fut l’objet d’une étroite surveillance, ayant été fiché comme “anarchiste des plus militants et dangereux en raison de ses connaissance en mécanique et en chimie”.

Intelligent et doué d’une certaine facilité de parole, il fit de nombreuses causeries et conférences, notamment : Socialisme, état et religion (16 janvier 1896), La question sociale (15 mars 1896), le Sabotage (2 décembre 1897), La sociologie du théâtre (25 décembre 1897), Wagner (19 mars 1898). Il collaborait également au Libertaire, surtout en 1898, lorsque cet hebdomadaire était imprimé à Marseille.

Il fut également signalé à cette époque, parmi les compagnons qui allaient porter la contradiction dans les réunions publiques ou qui perturbaient les réunions électorales. De même il fit partie du groupe anarchiste qui, le 1er février 1898, avait saccagé la Brasserie Marseillaise de la rue Saint-Bazile où se tenait une réunion privée de la Ligue antisémite. Il fréquentait également la Bourse du Travail où il prit la parole à l’occasion des 1er mai 1897 et 1898 et où il donnait des cours. Il demeurait alors 31 Avenue Pasteur. Il travailla un temps comme employé de la Mairie de Marseille.

Puis il s’écarta du mouvement et devint socialiste. Il s’installera à Toulon dont il deviendra maire en 1904 (voir sa notice dans le Maitron)