Né dans une famille paysanne très pauvre, Eugenio Girolo avait émigré très jeune en Suisse d’où, fin 1903, il collaborait au journal Il Libertario (La Spezia). En juillet 1904, il s’installait à Schaffaussen d’où il envoyait régulièrement des correspondances au journal Il Grido della folla (Milan). L’année suivante il était sous le pseudonyme de “Eugenio Vattelacerca” le correspondant de L’Aurora de Ravenne. En 1906, il s’installait dans le canton de San Gallo et intensifiait sa collaboration à la presse libertaire. En juillet 1906, il tentait d’organiser à Bâle une conférence sur « Umberto et Bresci » qui était interdite suite à l’intervention du consulat italien.
En décembre 1906, il quittait la Suisse pour Milan où il travaillait comme mécanicien et vivait chez divers compagnons ou à l’imprimerie de La Protesta umana (1906-1909) dans laquelle il écrivait sous divers pseudonymes : “Olorig”, “Girolo”, “E. Vatellacerca”, “Attilio Regolo”. Parallèlement et chaque dimanche il donnait des conférences pour les compagnons de la région. C’est à la suite d’une de ces conférences, à Piacenza d’Adige, que, pour « outrages à carabiniers », il était arrêté et condamné à 40 jours de prison. Puis il retournait en Suisse, à Arbon, dont il était expulsé après le 1er mai 1908 et rapatrié à Andalo. Quelques jours après il était en France à Mülhausen (Alsace) où il était arrêté et expulsé pour « possession de propagande anarchiste ». Il restait peu de temps en Italie car dès décembre 1908, il était de nouveau à Arbon en Suisse. En 1911, il s’installait à Rorschach et à partir de 1912 commençait à collaborer au Réveil — Il Risveglio (Genève) sous le pseudonyme de “Maligno” et faisait l’apologie de l’attentat d’Antonio D’Alba contre le roi d’Italie. La police le qualifiat alors d’être avec Bertoni « Le plus actif et violent des conférenciers anarchistes existant en Suisse ». En 1914, il déménageait à Horgen, près de Zürich et continuait son activité de conférencier. Pendant la guerre, il restait en Suisse et était condamné par le tribunal militaire de Milan pour « désertion ».
À la fin du conflit il était expulsé de Suisse et rentrait en Italie d’abord à Milan puis en avril 1920 à Carrare où il était nommé secrétaire adjoint à la propagande de la Chambre du travail. En juillet 1920, il participait au congrès anarchiste national tenu à Bologne.
En 1925, il émigrait clandestinement en France, à Paris, puis en juin 1926 au Luxembourg. Expulsé en 1927, il se réfugiait alors à Bruxelles puis dans la région de Liège. Bien qu’en très mauvaise condition physique et pratiquement sans ressources, il continuait en 1936 et début 1937 à participer aux réunions des anarchistes italiens jusqu’à son décès d’une méningite à l’asile de Beckheim (Bruxelles) le 27 mars 1937.
Dictionnaire international des militant·e·s anarchistes (DIMA)