Accueil > Liste des noms > MILLA NAVARRO, Benito

 

MILLA NAVARRO, Benito

Né à Villena (Alicante) le 6 septembre 1916 — mort le 22 septembre 1987 — Publiciste et éditeur — MLE — FIJL — CNT — Levant — Barcelone (Catalogne) — Paris — Montevideo (Uruguay) — Caracas (Venezuela)

 
Benito Milla et Antonio Téllez (Toulouse, 1945)

Benito Milla Navarro avait commencé à militer très jeune dans le mouvement libertaire du Pays valencien. Au début des années 1930, il partait pour Barcelone où il allait devenir un militant connu. Membre de la Fédération Ibérique des Jeunesses Libertaires (FIJL), il partit dès juillet 1936 comme milicien dans la Colonne Durruti où il participait à l’organisation des groupes de la FIJL dont il allait être le secrétaire jusqu’en 1937. En 1938, il retournait à Barcelone où il était chargé de la direction du journal Ruta l’organe des Jeunesses Libertaires. Il fut cette même année le délégué des groupes FIJL de la 121e brigade au 2e congrès national tenu par la FIJL à Valence.

Exilé en France lors de la Retirada, il fut interné dans divers camps avant de se fixer à Marseille où il se trouvait pendant l’Occupation et y participait à la réorganisation du mouvement.

À la Libération il participait à la réorganisation de la FIJL en exil dont il était élu secrétaire général à l’assemblée plénière d’avril 1945. Le mois suivant il participait au premier congrès tenu à Paris par le MLE-CNT en exil où il défendait les positions orthodoxes de l’anarchisme. Lors du 2e congrès de la FIJL (mars 1946), il démissionna de son poste de secrétaire et fut nommé secrétaire aux relations tout en assumant la direction de l’hebdomadaire Ruta (Toulouse, puis Paris). Les autres membres du CN-FIJL étaient alors Cristobal Parra (secrétaire général), Manuel Moya (secrétaire à la propagande), J. Villanueva (secrétaire de coordination) et Azucena Adell (secrétaire à l’administration).

Benito Milla Navarro (Paris, 1946)

À cette époque où de nombreux militants des jeunesses partaient en Espagne pour y participer à la lutte armée et à la restructuration du mouvement, il s’opposa fermement au sein du MLE à la reconnaissance par le mouvement du groupe armé Mouvement Libertaire de Résistance (MLR), animé notamment par J. Lluis Facerias et Liberto Sarrau, le considérant comme « porteur de germes autoritaires ».

Benito Milla et José Peirats (Toulouse, 1965)

En 1949 Benito Milla émigrait en Amérique latine. De 1951 à 1967, il allait résider à Montevideo où il allait fonder et diriger plusieurs revues (Cuadernos Internacionales — avec notamment Nicolas Sanchez Albornoz et Germinal Gracia —, Deslinde 1956-1961, Temas 1965-1967) et collaborer aux périodiques En Marcha et Acción. En 1958, il fondait la maison d’éditions Alfa qui allait éditer plus de 400 titres tant à Montevideo qu’en Argentine. En 1968, il émigrait au Venezuela où il fondait les éditions Monte Avila, puis en 1971 les éditions Tiempo Nuevo.

Revenu en Espagne en 1977 après la mort de Franco, il y devint un éditeur reconnu et fut nommé directeur à Barcelone des éditions Laia où il y favorisera l’édition de nombreux livres anarchistes.

Benito Milla Navarro est décédé à Barcelone le 22 septembre 1987.

Benito Milla avait collaboré à un très grand nombre de titres de la presse libertaire dont Acao Direta (Brésil), Cenit, Hora de poesia, Ruta (Espagne & France), Nueva Senda, Solidaridad obrera (Paris), Tierra y Libertad (Mexico), Umbral, etc. Il collabora également au témoignage collectif Voces juveniles : interpretación acrata de nuestra revolucion (Barcelona, Juventuides libertarias del Frente de Aragón, 1937).


Sources : Miguel Iñiguez. Enciclopedia histórica del anarquismo español. Asociación Isaac Puente, 2008. — Polemica, Barcelone, nº 30, décembre 1987. — Antonio Téllez Solá. La Guerrilla urbana, I : Facerías. Ruedo Iberico, Paris, 1974. — Ruta, Toulouse, année 1947. —

Iconogr. : Antonio Téllez Solá.

Portfolio