Dictionnaire international des militants anarchistes
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Y’en a pas un sur cent… et pourtant des milliers d’hommes et de femmes de par le monde, souvent persécutés, embastillés, goulagisés et parfois au prix de leurs vies, ont poursuivi leur chevauchée anonyme à la recherche d’un impossible rêve : un monde sans dieux ni maîtres.

PERSICI, Celso

Né à Crespellano (Bologne) le 9 décembre 1896 — mort le 15 septembre 1988 — Ouvrier du bâtiment — FA — USI — Bologne — Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne) — Marseille (Bouches-du-Rhône) — Barcelone (Catalogne) — Oran (Algérie) — Maroc — Nice (Alpes-Maritimes)
Article mis en ligne le 3 janvier 2009
dernière modification le 12 juillet 2024

par R.D.
Celso Persici

Celso Persici avait adhéré très jeune au mouvement anarchiste et dès 1913 avait été condamné pour ses activités. Il était alors en étroit contact avec notamment Gino Balestri, Luiggi Fabbri et Armando Borghi. Celso Persici, qui avait été arrêté à Bologne le 4 décembre 1919 pour « incitation à la haine de classes » a été l’un des plus actifs militants de l’Unione Giovanile Rivoluzionaria Italiana fondée à Parme lors du congrès tenu de l’Union Syndicale Italienne (USI) les 20-22 décembre 1919. Collaborateur de Umanità nova et de Guera di Classe, il était condamné le 27 mai 1921 à 8 mois et 22 jours de prison suite à des manifestations et était interné à San Giovanni del Monte à Bologne. De 1920 à 1923 il fut membre du secrétariat de la Bourse du travail.

En 1924, avec son frère Antonio, il s’exilait en France où il résidait d’abord à Fontenay-sous-Bois chez Onofrio Gilioli qui accueillait alors de nombreux réfugiés italiens. En septembre 1925 il participait au congrès tenu à Paris par les réfugiés italiens. Puis, le 17 avril 1934, il partait avec sa compagne Libera Proni pour Marseille où il allait travailler comme chef de chantier d’une entreprise de bâtiment et être membre de l’Université prolétarienne marseillaise. Il habitait alors 62 boulevard Bompart. Il participa à l’époque à la coopérative ouvrière de ravalement fondée par Dino Angeli où allaient travailler de nombreux compagnons au chômage forcé ou sous le coup d’une expulsion. Cette coopérative à laquelle participèrent entre autres Gino Balestri, Cesare Fietta, Horatio Del Condi, Emilio Predieri, Virgilio Fabrucci et Pio Turroni, sous traitait pour la Simex. Il était également membre du Comité à l’étranger de l’USI.

En 1934 il était membre du groupe de la Belle-de-Mai de la Fédération anarchiste du sud-est. En octobre 1934, pour le travail, il allait en Algérie pour quelques mois avant de revenir à Marseille. Arrêté à Marseille le 16 novembre 1935, il était l’objet d’une mesure d’expulsion (datée du 14 novembre) et partait pour l’Espagne.

En 1937 il était aux cotés de D. Ludovici et V. Gozzoli l’un des représentants de l’USI au siège du comité régional catalan de la CNT-FAI à Barcelone et travaillait également aux cotés d’A. Souchy et de Gudell au service de propagande de la CNT. Rentré en France après l’assassinat en mai 1937 par les staliniens de Camillo Berneri et Barbieri, il allait alors à Brest où il était arrêté par la police et incarcéré pour « infraction à l’arrêté d’expulsion ».

Libéré début 1939, il partait alors pour l’Afrique du Nord où le 19 juillet il était arrêté à Oran avec Edoardo Angeli Dino et Edmondo Lelli et était condamné à un an de prison pour usage de faux papiers. Après l’armistice, il gagnait clandestinement le Maroc avec Dino Angeli et Lelli où ils furent accueillis par le compagnon Mario Pisanchi Luis Rodriguez Castro et où il allait participer à la résistance et au réseau mis en place pour permettre à de nombreux antifascistes d’échapper aux recherches de la Commission italienne d’armistice installée à Oran. En septembre 1943, après le débarquement allié en Afrique du Nord, il retrouvait à Oran sa compagne Libera.

Rentré en Italie à la Libération, il participait activement à la reconstruction du mouvement libertaire italien avant de revenir en France rejoindre son fils Vertice à Marseille et à Nice. En 1948 il était membre de la Fédération anarchiste et de l’USI à Marseille et remplaçait Mariani Gusman à la tête du sous-secrétarait de l’AIT pour l’Europe occidentale. Dans les années 1960 il aida les jeunes compagnons français, dont rené Bianco, lors de la fondation de l’annexe marseillaise du Centre international de recherches sur l’anarchisme (CIRA). Il collaborait à la fin des années 1960 aux pages françaises de l’hebdomadaire Espoir (Toulouse) où il défendait les principes de l’AIT.

Celso Persici est mort à Nice le 15 septembre 1988.


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