Dictionnaire international des militants anarchistes
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VIEIRA, Alexandre
Né à Porto en 1885 – mort dans la nuit du 25 au 26 décembre 1973 - Typographe – UON – CGT (P) – Lisbonne
Article mis en ligne le 2 juin 2010
dernière modification le 13 septembre 2023

par R.D.

Émigré à l’âge de 11 ans dans la province du Alto Minho, Alexandre Vieira y avait suivi l’école primaire avant de devenir apprenti dans une fabrique d’étain, puis apprenti typographe. Devenu très vite militant syndicaliste, il fut élu secrétaire de la Ligue des arts graphiques de Viana do Castelo, délégué de la Ligue à la Fédération locale des associations ouvrières dont, à peine âgé de 18 ans il fut élu secrétaire général. Parallèlement il fut le directeur de 1903 à 1905 de son organe O Lutador. En juin 1905 il fut le délégué de la Ligue des arts graphiques de Viana da Castelo au premier congrès national des arts graphiques qui aboutira à la constitution de la première fédération portugaise des ouvriers du livre et de la presse.

En 1906 il s’était installé à Lisbonne, où il travaillait comme typographe à l’imprimerie du journal O Mundo et devint l’un des responsables de l’Association des compositeurs typographes, de l’Union des arts graphiques et de la Fédération des typographes du livre et de la presse. En 1908 il fut le cofondateur avec les typographes Evaristo Judicibus, Alfredo Freitas, Fausto Fernandez Graça et Alfredo Duarte Laureano du Grupo de propaganda social et de son organe quotidien A Greve (n°1, 18 mars 1908 à septembre ? 1908) dont il fut le compositeur typographe et le directeur. Le groupe et le journal, qui réunissait syndicalistes révolutionnaires, socialistes et anarchistes, disposait de sa propre imprimerie où travaillèrent volontairement de nombreux typographes et quatre permanents.

En octobre 1908 il participa sans doute au 2e congrès national des arts graphiques où fut fondée l’Union graphique nationale dont l’organe était O Grafico, adhérente à la Fédération typographique portugaise dont l’organe était A Tipografia. Par contre l’association des compositeurs typographiques dont Vieira était membre ne participa pas au Congrès ouvrier national de juillet 1909 ni au congrès syndical et coopérativiste de septembre 1909, considérant que ces congrès promus notamment par le parti socialiste, n’étaient pas des congrès strictement syndicaux.

Il fut également le fondateur puis le directeur de l’hebdomadaire O Sindicalista (novembre 1910-1915). A la fin janvier 1912, suite à une grève de solidarité avec les ouvriers agricoles de l’Alentejano, les locaux du journal furent fermés par les autorités républicaines et plusieurs militants dont Alexandre Vieira furent arrêtés et emprisonnés à bord ‘un navire militaire.

En avril 1913, suite à l’explosion d’une bombe lors d’une procession, il fut de nouveau arrêté et emprisonné d’abord à Limoeiro, puis au fort de Graça à Rivas dont il fut libéré en février 1914. Il participa alors au congrès de fondation les 14-17 mars de l’Union ouvrière nationale (UON) dont il sera membre du Conseil central, puis secrétaire général et rédacteur de sa revue mensuelle Movimento operaio (1917-1918). Entre temps l’UON avait été dissoute par le gouvernement en mars 1916.

Suite à un projet présenté par Raul Neves à la conférence syndicaliste tenue à Lisbonne en 1917, paraissait le 23 février 1919 le premier numéro du quotidien A Batalha dont Alexandre Vieira avait été nommé directeur. D’abord porte-voix de l’organisation ouvrière portugaise, le quotidien devint l’organe de la CGT portugaise, fondée en septembre 1919 à Coimbra.

En janvier 1921, Alexandre Vieira fut membre du comité de grève lors du long conflit des ouvriers du livre et de la presse. A l’issu du conflit, gravement atteint par la tuberculose, il dut se faire soigner et être admis dans un sanatorium jusqu’en mars 1922. Suite à l’avis des médecins, il cessa alors d’assumer la direction de A Batalha où il fut remplacé par Manuel Joaquin de Souza. Il entra alors à l’imprimerie de la Bibliothèque nationale où il allait travailler jusqu’en 1927 où suite à un conflit avec le directeur nommé par la dictature militaire, il fut condamné à une peine légère. Il fut également pendant plusieurs années, à la demande de son fondateur le professeur Ferreira de Macedo, membre du conseil d’administration de l’Université populaire portugaise.

En mars-avril 1928, il assista comme observateur de son syndicat au 4e Congrès de l’Internationale syndicale rouge à Moscou. A son retour, averti, qu’il était recherché par la police au Portugal, il resta en France où pendant 5 ans il allait travailler dans diverses imprimeries. A son retour au Portugal en 1932, il trouvait le mouvement syndical fortement divisé et ne semble pas avoir participé à l’organisation par la CGT de la grève de janvier 1934 contre la prise de contrôle des syndicats par les fascistes (voir Mario Castelhano). Il continua par contre à participer à la solidarité avec les compagnons emprisonnés et licenciés.

Rue Alexndre Vieira

Alexandre Vieira, qui avait également été membre actif de l’association des locataires de Lisbonne, est mort à Lisbonne dans la nuit du 25 au 26 décembre 1973. Après la Révolution des œillets, une rue fut inaugurée à son nom.

Oeuvres : - Em volta da minha profissao : como se corrigen provas tipograficas ; - Figuras gradas di movimento social portugues (T.1) ; - Delegacia a un congresso sundical (sur le congrès de Moscou en 1928) ; - Para a historia do sindicalismo em Portugal (Ed. Seara Nova, 1970) ; - Figuras gradas do movimento social portugues (T.2, inédit ?).


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