Dictionnaire international des militants anarchistes
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Y’en a pas un sur cent… et pourtant des milliers d’hommes et de femmes de par le monde, souvent persécutés, embastillés, goulagisés et parfois au prix de leurs vies, ont poursuivi leur chevauchée anonyme à la recherche d’un impossible rêve : un monde sans dieux ni maîtres.

DETTORI, Antonio, Andrea

Né le 30 novembre 1892 à Bonorva (Sardaigne) — mort le 24 avril 1963 — Electricien — UAI — FCL — FAI — USI — CGIL — Gênes (Ligurie)
Article mis en ligne le 16 avril 2013
dernière modification le 12 juillet 2024

par ps
Antonio Dettori

Installé à Gênes depuis le début des années 1910, Antonio Dettori avait commencé à militer très vite avec son frère cadet Angelo dans le mouvement libertaire et syndicaliste. Ouvrier électricien sur le chantier naval Ansaldo, il était membre de la chambre syndicale de Bolzaneto et participa activement aux occupations d’usines de décembre 1920.

Après la prise du pouvoir par les fascistes, et tandis que son frère Angelo s’exilait en France, Antonio Dettori resta à Gênes où il fut l’objet d’une surveillance étroite et d’un internement au confinat de Ponza.

Lors de la chute du régime fasciste en 1943, il fut avec Umberto Raspi l’organisateur de la Résistance et du groupe d’action partisane (SAP) de Gênes. Capturé suite à u dénonciation le 19 août 1944 par les Allemands, il fut torturé puis, le 26 septembre, avec 680 autres détenus fut déporté au camp de concentration de Bolzano. Le 5 octobre (transport n°90) il fut transféré en Allemagne (matricule 113281 et 94450) au camp de Dachau avec notamment le compagnon Raspi. Arrivé le 10 octobre, il fut transféré le 26 à Buchenwald. Puis, le 30 octobre, il fut de nouveau transféré dans un camp de travail près de Bad Gandershiem Dans les premiers jours d’avril 1945, avec un groupe de détenus, il était parvenu à s’enfuir mais avait été repris par les SS. Ce même mois, lors de l’avancée des troupes alliées, Antonio Dettori fit partie d’un des convois de déportés évacués à pieds du camp, tandis que Raspi était fusillé. Le 19 avril 1945 il était libéré par les troupes alliées.

A son retour en Italie, il reprit le militantisme à la Fédération communiste libertaire (FCL) puis à la Fédération anarchiste italienne (FAI) ainsi qu’au sein de la tendance anarchiste de la CGIL. Antonio Dettori avait été nommé membre du collectif national des Comités de défense syndicale lors d’une réunion des CDS tenue à Sestri Ponente les 16 et 17 août 1947 où furent également nommés au collectif Marcello Bianconi et Quintili. Les CDS avaient été créés par la FAI pour élaborer l’intervention anarchiste en milieu syndical.

Puis à la fin des années 1940, il fut l’un des promoteurs de la reconstitution de l’Union syndicale italienne (USI) et collabora à son organe Guerra di classe. Il polémiqua à cette époque avec entre autres les compagnons Marcello Bianconi, Pietro Caviglia et Wanda Lizzari, qui avaient choisi de rester dans le Comité de défense syndicale de la CGIL dominée par les communistes.

Au milieu des années 1950, devenu critique de la ligne de cette nouvelle USI, il devint le responsable de la page syndicale Azione di classe du journal Sovranita popolare (Gênes) auquel collaboraient également Ilario Margarita et Domenico Pastorello.

Antonio Dettori est décédé à Gênes le 24 avril 1963.


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