Dictionnaire international des militants anarchistes
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Y’en a pas un sur cent… et pourtant des milliers d’hommes et de femmes de par le monde, souvent persécutés, embastillés, goulagisés et parfois au prix de leurs vies, ont poursuivi leur chevauchée anonyme à la recherche d’un impossible rêve : un monde sans dieux ni maîtres.

ERNEST, François, Louis, Joseph “Le Petit Ernest”

Né à Uccle (ou à Ixelles) le 3 août 1866, — Employé des postes ; Typographe — Bruxelles
Article mis en ligne le 20 décembre 2018
dernière modification le 23 juillet 2024

par Dominique Petit, R.D.

François Ernest, dit Le Petit Ernest, demeurait rue des Alexiens, 4 impasse des Cheminées depuis le 6 avril 1883, avec sa mère, qui était veuve. Il était actif dans le mouvement anarchiste depuis les années 1880.
Selon un rapport de police du 3 août 1885, il était « très aimé et écouté par ses amis anarchistes » ; il était le fondateur d’un groupe anarchiste, il prenait la parole dans les réunions anarchistes et détestait la police. La même année, il collabora à la nouvelle revue libertaire L’Insurgé, crée à Bruxelles dès la mi-mars par Lucien Pemjean, et à son successeur anarcho-communiste Ni Dieu Ni Maître (fin mai 1885).
Le 24 mai 1885 il avait présidé le meeting sur la Commune de Paris tenu à Bruxelles par F. Monier et H. Weysmans ; au fond de la salle, deux magnifiques drapeaux, l’un rouge surmonté d’un globe supportant une femme coiffée d’un bonnet phrygien, symbolisant la république universelle, l’autre noir, sur lequel la date de Mai 1871 se détachait en belles lettres rouges, ornaien t le bureau.

Début août 1885, François Ernest dut comparaître devant un tribunal et pour délit de presse il fut condamné à une amende et à des indemnités de plusieurs milliers de francs (alors qu’un ouvrier ne gagnait à l’époque que 2 à 3 francs par jour).

Fin mars 1886, comme plusieurs autres militants anarchistes — dont Wysmans, Govaerts, Monier, Struyck — il avait été l’objet d’une perquisition. IL était notamment soupçonné d’être l’auteur d’un Manifeste appelant à l’émeute et au pillage à la suite des violentes grèves à Liège et à Charleroi. Le Manifeste était ainsi rédigé :
“Compagnons de misère…

Une ressource nous reste pour obvier à cet état de choses douloureux. Nous avons pu voir à la devanture des magasins luxueusement étalés, vous invitant en quelque sorte à les prendre, les objets de première nécessité que l’exiguïté (sic) de nos ressources ne nous permettent (sic) pas d’acquérir.

Et bien compagnons, allons les prendre.

À cet effet réunissons-nous samedi soir, à 7 h, Marché aux Herbes devant le passage (galerie de la Reine) et à l’aide du nombre et de notre énergie, emparons-nous de tout ce dont nous sommes dépourvus.

Et que le mot d’ordre soit donné, que chacun mette le feu au bouge qu’il occupe et ensemble nous irons prendre domicile au quartier Léopold. »

Ernest avait été employé aux Postes et télégraphes, mais par suite d’une absence pour se rendre à Paris, avec une femme, il perdit son emploi et devint par la suite typographe.
Bien que non rédacteur d’une brochure dont l’auteur était Martinet, Ernest en prit la responsabilité.

Son frère cadet, François Alexis, était également fiché comme militant anarchiste.