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LUDOVICI, Domenico

Né le 2 septembre 1884 à Cagli — mort en avril 1950 — Tailleur de pierres — USI — Cagli — Neuchâtel — Genève — Paris — Barcelone (Catalogne)
Article mis en ligne le 21 mai 2008
dernière modification le 12 juillet 2024

par R.D.
Domenico Ludovici

Dès son adolescence Domenico Ludovici s’était revendiqué anarchiste ce qui lui avait valu d’être envoyé à l’armée dans une compagnie disciplinaire. De décembre 1907 à juillet 1908 il émigrait en France pour des raisons professionnelles, puis rentrait en Italie où le 27 septembre il participait au congrès interprovincial anarchiste de Pergola. En mai 1909 il émigrait en Suisse à Neuchâtel où il organisait un groupe libertaire et allait alterner les séjours entre ce pays et l’Italie. Pendant la première guerre mondiale, et bien qu’il ait revendiqué avoir été déserteur (cf. Il Martello, août 1938), il fut plus vraisemblablement insoumis.

Au début des années 1920 il était à Genève et participait aux réunions du groupe éditeur autour de Luigi Bertoni du journal Le Réveil. En 1929 il allait à Paris et à la fin de l’année accompagnait C. Berneri et Ermano Menapace — ce dernier était en fait un agent de la police secrète fasciste OVRA — au siège de la Société des nations où selon la police ils auraient eu l’intention de commettre un attentat contre la délégation italienne. Bien qu’étroitement surveillé par l’OVRA, Domenico Ludovici n’allait plus cesser de se déplacer entre la Suisse et la France pour organiser le mouvement libertaire. Il entra alors en relations avec de nombreux compagnons dont Amleto Astolfi, Remo Franchini, Savino Fornasari, Virgilio Gozzoli, Lorenzo Gamba et Guido Schiaffonati. A l’été 1931 il rencontra avec Randolfo Vella le compagnon ukrainien Nestor Makhno à Paris. Il fut les 11-12 novembre 1933 délégué au congrès anarchiste des réfugiés italiens qui se tint à Puteaux et où fut fondée La Federazione anarchica dei profughi italiani qui éditera le journal Lotte Sociali (Paris, 8 numéros du 15 décembre 1933 à février 1935).

En 1936 il fréquentait à Genève le cercle libertaire L’Aurora et participait à la réunion de fonds pour financer l’antifascisme en Italie. En août 1936 il partait comme volontaire en Espagne et combattait dans la Brigade C. Roselli sur le front de Huesca où il était blessé, perdant un œil et trois doigts d’une main. Il fut ensuite membre de la commission de contrôle de la FAI à Port Bou, puis locuteur des émissions italiennes de la radio CNT-FAI de Barcelone ainsi que l’un des représentants avec Celso Persici et V. Gozzoli de l’Union Syndicale Italienne (USI) au siège du comité régional catalan de la CNT-FAI. Il y a vraisemblablement identité avec Ange Ludovici qui, le 26 novembre 1936, avait été arrêté à la gare de Toulon avec le compagnon Cesare Gironi alors qu’ils accompagnaient un groupe de volontaires italiens en partance pour l’Espagne.

Il fut à cette époque le correspondant en Espagne du Réveil et collabora sous les pseudonymes de Dom et Domingo à de nombreux titres publiés en Espagne dont Solidaridad obrera, Tierra y Libertad et Guerra di Classe dont, après l’assassinat de Berneri par les staliniens, il fut le directeur avec Aldo Aguzzi, ainsi qu’à Il Martello et L’Adunata dei Refrattari publiés aux États-Unis. En janvier 1938, sous la fausse identité de Martin il quittait Paris et allait à Perpignan avec Gozzoli dans l’intention de regagner Barcelone. Refoulé à la frontière par les carabiniers républicains, il parvenait toutefois à rejoindre la Catalogne en avril.

Exilé en France lors de la retirada de février 1939, il était interné au camp d’Argelès-sur-Mer où il était membre du groupe Liberta o morte. Après s’être évadé du camp, il retournait à Genève où, après une tentative d’émigrer en Amérique, il allait rester pendant toute la durée de la guerre et se consacrer à la diffusion de la presse libertaire et clandestine.

En novembre 1945, il allait en Italie pour participer comme délégué des groupes anarchistes italiens de Suisse au congrès de la Fédération Anarchiste Italienne. Il participa également aux congrès de la FAI à Bologne (16-20 mars 1947) et de Livourne (23-25 avril 1949). Le 22 janvier 1947 il fut l’un des orateurs aux funérailles de L. Bertoni. Domenico Ludovici fut jusqu’à son décès survenu à Genève en avril 1950, membre de la rédaction du Réveil anarchiste.


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